Plaidoyer pour l’utilisation de la plume dans la mode

Stella Mccartney a fait défiler les premières plumes d’autruche artificielles… Ok très bien. Beaucoup appellent au boycott des plumes, ce qui est le cas de certaines fashion weeks, sans savoir de quoi ils parlent, alors je remets les pendules à l’heure ici.


L’art de la plumasserie, c’est l’amour d’une matière, la plume, et il y a autant de plumes différentes que d’oiseaux, même davantage car beaucoup de sortes de plumes différentes sur un seul oiseau, aucune n’est semblable, chacune est source d’émerveillement. C’est aussi la célébration de l’amour de la nature. Certains font ça avec des feuilles, d’autres du bois, moi j’ai choisi la plume.


Première des choses : il faut savoir que nous, plumassiers, nous sommes gérés par la convention de Washington de 1975, celle qui régit la protection des animaux au niveau mondial, qui s’impose à tous les pays (enfin presque), donc pas d’oiseaux protégés ou en voie de disparition chez nous. La CITES offre un cadre très strict et les douanes contrôlent régulièrement les importations de plumes en provenance des pays à risque.


Ensuite, nous ne tuons pas les oiseaux pour leurs plumes. Ce n’est plus le cas depuis plus de 50 ans. Nous recyclons une matière aujourd’hui considérée comme un déchet de l’industrie alimentaire, qui est d’ordinaire incinérée ou enfouie ou au mieux mise en compostage. Dans la variété d’oiseaux que nous mangeons, il y a tous les oiseaux de basse-cour et le gibier. Ca nous laisse déjà pas mal de choix.


L’amour de la plume c’est aussi l’amour des oiseaux… vivants ! Nous, plumassiers, avons tous en nous un esprit d’ornithologue. Quand je pars en vacances, je me renseigne sur la faune sauvage, s’il y a des oiseaux, comment les observer. Quand je vivais dans le sud de la France, j’avais mon petit élevage de faisans, je ramassais les plumes tous les jours dans les volières. Aujourd’hui je vis à Paris 10, fini l’élevage, néanmoins j’ai trouvé en région parisienne des partenaires qui travaillent bien, où je peux récupérer des plumes de mue très régulièrement, je connais même les oiseaux limite par leur prénom. Et oui on peut travailler avec des plumes de mue, ce sont des plumes que l’oiseau perd naturellement, sans souffrance, comme un chien perd ses poils.


Alors non, les plumes c’est pas vegan ! et alors ? je ne suis pas vegan non plus, ça ne fait pas de moi une mauvaise personne, ni une tueuse. Mais c’est un autre débat (pas très loin de celui-là, j’avoue). Je reste les gens qui sont vegans, donc qu’ils me respectent aussi.


Alors non, toutes les plumes ne se valent pas, il nous appartient à nous, plumassiers, de bien choisir avec qui nous travaillons. L’élevage intensif d’Afrique du Sud est à proscrire et la Chine également, c’est là que se trouve la pratique de l’arrachage à vif. C’est le même débat que le mulesing des agneaux, nous en interdisons en Europe la pratique mais nous consentons à l’importation de la laine faite à partir de troupeaux mutilés : incompréhensibles !


La transparence est la clé d’une bonne éducation du consommateur et du client.
A tous ceux qui veulent en savoir plus sur ce métier passion, je vous attends dans mon atelier.

Vol majestueux d’une mouette (attention, espèce protégée)

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